Savoir combien épargner chaque mois paraît simple : il suffirait de mettre de côté ce qu’il reste après les dépenses. Dans la pratique, ce calcul est souvent plus délicat. Une partie de l’argent disponible aujourd’hui peut déjà être destinée à une facture, à une dépense annuelle ou à un projet prévu quelques semaines plus tard.
Calculer sa capacité d’épargne consiste donc à déterminer le montant que l’on peut réellement mettre de côté de façon régulière, sans fragiliser son budget ni devoir reprendre cet argent quelques jours plus tard. L’objectif n’est pas de chercher le montant le plus élevé possible, mais un effort d’épargne suffisamment réaliste pour être maintenu dans le temps.
Qu’est-ce que la capacité d’épargne ?
La capacité d’épargne correspond à la part de vos revenus que vous pouvez conserver après avoir couvert vos dépenses et les sommes nécessaires à votre vie courante.
Dans sa version la plus simple, le calcul peut s’écrire ainsi :
Capacité d’épargne = revenus – dépenses
Mais cette formule donne seulement une première estimation. Pour être réellement utile, elle doit tenir compte des dépenses fixes, des dépenses variables, des charges moins fréquentes et d’une marge de sécurité.
Une personne qui gagne 2 000 € et dépense 1 700 € pourrait théoriquement épargner 300 €. Mais si elle doit payer 600 € d’assurance annuelle le mois suivant sans avoir prévu cette dépense, sa capacité d’épargne réelle est probablement inférieure.
À retenir : la capacité d’épargne n’est pas simplement l’argent qui reste sur le compte. C’est le montant que vous pouvez mettre de côté sans déséquilibrer les dépenses actuelles ou à venir.
Commencer par calculer ses revenus mensuels
La première étape consiste à déterminer le revenu réellement disponible chaque mois.
Pour un salarié dont le revenu est stable, le calcul est relativement simple. Il peut inclure le salaire net ainsi que les autres revenus réguliers du foyer.
Selon votre situation, vous pouvez notamment prendre en compte :
- le salaire net
- des revenus complémentaires réguliers
- certaines pensions ou allocations régulières
- des revenus locatifs réellement disponibles après les charges correspondantes
- tout autre revenu suffisamment stable pour être intégré au budget
Il est préférable d’éviter de considérer immédiatement les revenus exceptionnels comme une ressource mensuelle permanente. Une prime annuelle, une vente occasionnelle ou un remboursement ponctuel ne doivent pas nécessairement augmenter le niveau de dépenses habituel.
Et si les revenus changent chaque mois ?
Lorsque les revenus sont irréguliers, il peut être prudent de calculer sa capacité d’épargne à partir d’une base volontairement raisonnable.
Vous pouvez, par exemple, observer plusieurs mois de revenus et retenir un montant inférieur à la moyenne si les variations sont importantes. Les mois plus favorables permettront ensuite d’effectuer un versement supplémentaire.
Cette méthode évite de fixer une épargne mensuelle obligatoire à partir d’un revenu exceptionnellement élevé.
Faire la liste de ses dépenses fixes
Les dépenses fixes sont généralement les plus faciles à identifier, car elles reviennent régulièrement et leur montant est souvent connu à l’avance.
On peut y retrouver :
- le loyer ou le crédit immobilier
- l’électricité, le gaz ou certaines factures d’énergie
- les assurances
- les remboursements de crédits
- les abonnements
- les frais de garde
- certains frais de transport
- les télécommunications
- les autres prélèvements réguliers
Additionnez ces montants pour connaître la part de votre revenu déjà engagée avant même les dépenses du quotidien.
Cette étape est essentielle : plus les charges fixes représentent une part importante du revenu, moins le budget dispose de marge pour absorber les variations.
Estimer ses dépenses variables
Viennent ensuite les dépenses qui changent d’un mois à l’autre : alimentation, carburant, loisirs, vêtements, restaurants, sorties ou achats du quotidien.
Il ne faut pas forcément retenir le mois le plus économique comme référence. Une estimation trop basse donnerait l’impression que votre capacité d’épargne est plus élevée qu’elle ne l’est réellement.
Une bonne méthode consiste à observer plusieurs mois et à calculer une moyenne raisonnable.
Supposons que vos dépenses variables aient été de :
- 520 € un mois
- 610 € le mois suivant
- 570 € le troisième mois
Une base autour de 565 à 570 € sera probablement plus réaliste qu’un budget construit sur le meilleur mois à 520 €.
Le but n’est pas d’obtenir une précision au centime près, mais de partir d’une estimation suffisamment proche de la réalité.
Ne pas oublier les dépenses non mensuelles
C’est l’un des points les plus importants du calcul.
Certaines dépenses n’apparaissent pas tous les mois, mais elles sont pourtant prévisibles : entretien d’un véhicule, cadeaux, vacances, frais scolaires, soins particuliers, dépenses liées au logement ou certaines factures annuelles.
Si vous ne les anticipez pas, elles peuvent donner l’impression que certains mois offrent une capacité d’épargne importante alors que cet argent devra en réalité être utilisé plus tard.
La solution consiste à mensualiser ces dépenses.
Par exemple, si vous prévoyez environ 600 € de dépenses annuelles pour un poste donné :
600 € ÷ 12 = 50 € par mois
Vous pouvez donc considérer que 50 € de votre budget mensuel sont déjà destinés à cette dépense future.
Ce raisonnement transforme une grosse dépense ponctuelle en effort budgétaire régulier et rend le calcul de la capacité d’épargne beaucoup plus fiable.
Exemple de calcul d’une capacité d’épargne
Prenons un revenu mensuel disponible de 2 300 €.
Les dépenses sont les suivantes :
- 1 050 € de charges fixes
- 650 € de dépenses variables
- 150 € par mois réservés aux dépenses annuelles ou irrégulières
Le total des dépenses prévues est donc de :
1 050 € + 650 € + 150 € = 1 850 €
Il reste :
2 300 € – 1 850 € = 450 €
La capacité d’épargne théorique est donc de 450 € par mois.
Mais cela ne signifie pas forcément qu’il faut programmer immédiatement un virement automatique de 450 €.
Capacité d’épargne théorique et capacité d’épargne réaliste
Il est utile de distinguer deux notions.
La capacité d’épargne théorique correspond au résultat mathématique obtenu après avoir soustrait les dépenses prévues des revenus.
La capacité d’épargne réaliste correspond au montant que vous pouvez réellement épargner tout en conservant une marge suffisante pour absorber les petits écarts du mois.
Dans notre exemple, les 450 € disponibles pourraient conduire à choisir une épargne régulière de 350 € ou 400 €, en laissant 50 à 100 € de marge sur le compte.
Cette réserve évite de devoir reprendre constamment de l’argent dans l’épargne au moindre dépassement.
Une capacité d’épargne durable vaut souvent mieux qu’un objectif maximal. Si vous épargnez trop au début du mois pour transférer ensuite une partie de la somme dans l’autre sens, le montant choisi est probablement trop élevé.
Faut-il épargner ce qu’il reste en fin de mois ?
C’est une possibilité, mais elle présente une limite importante : l’épargne devient alors ce qui reste après toutes les autres dépenses.
Or il est facile d’augmenter naturellement ses dépenses lorsque l’argent reste disponible sur le compte.
Une autre méthode consiste à définir à l’avance un montant raisonnable et à le transférer vers l’épargne peu après la réception du revenu.
Cette approche fonctionne particulièrement bien lorsque le montant a été calculé à partir d’un budget réaliste.
Il ne s’agit donc pas nécessairement d’épargner le maximum dès le début du mois, mais de réserver une somme cohérente avant que toutes les dépenses facultatives ne viennent occuper l’espace disponible.
Quel pourcentage de son revenu faut-il épargner ?
Il n’existe pas de pourcentage universel adapté à toutes les situations.
Les méthodes budgétaires proposent parfois des repères, comme consacrer une certaine part du revenu à l’épargne. Ces pourcentages peuvent être utiles pour se situer, mais ils ne tiennent pas compte de toutes les réalités individuelles.
Une personne ayant des charges élevées peut commencer avec 5 % de son revenu. Une autre ayant peu de dépenses fixes pourra peut-être consacrer 20 %, 30 % ou davantage à ses projets.
Avec un revenu de 2 000 € :
- 5 % représentent 100 €
- 10 % représentent 200 €
- 15 % représentent 300 €
- 20 % représentent 400 €
Ces chiffres servent surtout à visualiser l’effort d’épargne. Ils ne définissent pas le montant que vous devriez absolument atteindre.
Comment savoir si son objectif d’épargne est trop élevé ?
Plusieurs signaux peuvent indiquer qu’un objectif est trop ambitieux.
Si vous devez régulièrement transférer de l’argent de votre épargne vers votre compte courant avant la fin du mois, c’est probablement que le montant épargné au départ est supérieur à votre capacité réelle.
Même constat si vous utilisez davantage le découvert, retardez certaines dépenses indispensables ou compensez systématiquement avec une carte de crédit ou un autre moyen de financement.
Une bonne épargne ne doit pas rendre le fonctionnement quotidien du budget plus fragile.
Mieux vaut mettre 200 € de côté régulièrement que prévoir 400 € chaque mois et devoir en récupérer la moitié.
La capacité d’épargne peut évoluer
Votre capacité d’épargne n’est pas figée.
Elle peut augmenter si :
- vos revenus progressent
- un crédit arrive à son terme
- certaines charges diminuent
- vous réduisez durablement une dépense
- un enfant n’a plus besoin d’un mode de garde payant
- vous déménagez vers un logement moins coûteux
Elle peut aussi diminuer lors d’un changement de situation.
L’arrivée d’un enfant, une hausse de loyer, une baisse de revenu ou un nouveau crédit peuvent réduire temporairement la marge disponible.
Il est donc utile de recalculer sa capacité d’épargne lorsqu’un changement important intervient dans le budget.
Que faire d’une augmentation de revenu ?
Lorsqu’un revenu augmente, il est tentant d’augmenter immédiatement les dépenses courantes.
Une autre possibilité consiste à affecter une partie de cette hausse à l’épargne avant que le nouveau niveau de revenu ne soit entièrement absorbé par le quotidien.
Par exemple, si votre revenu augmente de 150 € par mois, vous pourriez choisir d’ajouter 75 € à votre épargne et de conserver les 75 € restants pour améliorer votre budget courant.
Il n’existe pas de répartition obligatoire. L’intérêt est simplement de décider consciemment de l’utilisation de cette nouvelle marge.
Faut-il avoir une épargne de précaution avant d’épargner pour un projet ?
Il peut être utile de distinguer l’épargne destinée aux imprévus de celle consacrée aux projets.
Une réparation urgente, une dépense médicale ou une baisse temporaire de revenu ne répondent pas au même objectif qu’un voyage, un achat important ou un projet à long terme.
Si toute votre épargne est affectée à un projet précis, une dépense inattendue peut vous obliger à interrompre ce projet ou à vous endetter.
Constituer progressivement une réserve de précaution permet donc de protéger les autres objectifs.
Le montant nécessaire dépend de la stabilité des revenus, des charges, de la composition du foyer et des risques auxquels le budget peut être confronté. Il n’existe pas un montant unique adapté à tout le monde.
Épargner pour plusieurs projets en même temps
Une fois votre capacité d’épargne connue, vous pouvez la répartir entre plusieurs objectifs.
Imaginons une capacité d’épargne réaliste de 400 € par mois.
Vous pourriez par exemple répartir cette somme ainsi :
- 200 € pour une épargne de précaution
- 100 € pour les vacances
- 100 € pour un projet à plus long terme
Une autre personne pourrait préférer concentrer temporairement toute sa capacité sur un seul objectif.
L’essentiel est que la somme totale affectée aux projets ne dépasse pas la capacité d’épargne réellement disponible.
Capacité d’épargne et reste à vivre : quelle différence ?
Ces deux notions sont proches mais ne désignent pas exactement la même chose.
Le reste à vivre correspond généralement à l’argent disponible après le paiement de certaines charges, en particulier les charges fixes.
La capacité d’épargne correspond, elle, à la partie du budget que vous pouvez réellement mettre de côté après avoir pris en compte l’ensemble des dépenses nécessaires et une marge raisonnable.
Il est donc possible d’avoir un reste à vivre relativement important sans disposer de la même somme pour épargner.
Par exemple, les courses, le carburant ou les loisirs doivent encore être financés avec ce reste à vivre.
Attention au solde bancaire
Le solde du compte courant peut donner une impression trompeuse de la capacité d’épargne.
Voir 1 000 € disponibles sur son compte ne signifie pas nécessairement que 1 000 € peuvent être épargnés.
Une partie de cette somme peut déjà être destinée à des prélèvements futurs, aux dépenses du quotidien ou à une charge prévue en fin de mois.
Pour connaître sa capacité d’épargne, il faut donc regarder le budget dans son ensemble et tenir compte des dépenses à venir, pas seulement du montant affiché aujourd’hui par la banque.
Une méthode simple en cinq étapes
Pour calculer votre capacité d’épargne mensuelle, vous pouvez retenir cette méthode :
- additionnez vos revenus mensuels réellement disponibles
- soustrayez vos charges fixes
- estimez vos dépenses variables de façon réaliste
- mensualisez les dépenses annuelles ou irrégulières
- conservez une petite marge de sécurité avant de définir votre épargne régulière
Le montant restant constitue une bonne base pour déterminer votre capacité d’épargne.
Vous pourrez ensuite ajuster ce montant après quelques mois d’utilisation réelle.
Comment suivre sa capacité d’épargne avec Budgetrama ?
Dans Budgetrama, l’objectif n’est pas simplement d’observer le solde bancaire.
Les charges fixes, les dépenses du quotidien, les budgets par catégorie et les dépenses à venir permettent de mieux comprendre la marge réellement disponible.
Vous pouvez ensuite utiliser les projets d’épargne pour suivre séparément plusieurs objectifs et enregistrer progressivement les sommes mises de côté.
Cette approche permet de relier l’épargne à l’ensemble du budget plutôt que de la considérer comme une opération isolée.
Ce qu’il faut retenir
Calculer sa capacité d’épargne ne consiste pas à rechercher la somme maximale que l’on peut retirer de son compte chaque mois.
Il s’agit de déterminer un montant compatible avec ses revenus, ses dépenses actuelles et les dépenses prévisibles à venir.
Commencez par calculer votre capacité théorique, puis conservez une marge pour obtenir un montant réellement soutenable.
Si ce montant est faible aujourd’hui, cela ne signifie pas que l’effort est inutile. Une épargne régulière peut commencer modestement et progresser lorsque la situation financière évolue.
Le meilleur montant à épargner chaque mois est finalement celui que vous pouvez maintenir suffisamment longtemps pour atteindre vos objectifs sans déséquilibrer votre budget.
